Lettre ouverte à la ministre de la santé et au ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Sédentarité : construire des équipements ne suffit pas à remettre la population en mouvement
Alors que la France multiplie les investissements en faveur du sport et de l’activité physique, la sédentarité continue de progresser. Les infrastructures existent, les campagnes de sensibilisation se multiplient, mais une partie importante de la population reste éloignée de la pratique. Face à ce constat, nous appelons les pouvoirs publics à faire de l’animation sportive de proximité une priorité nationale.
Notre demande
Nous demandons la création d’un plan national de soutien aux associations sportives de proximité capables d’animer les équipements existants, de diversifier les pratiques sportives et d’accompagner durablement les habitants vers une activité physique régulière.
Madame la Ministre de la Santé,
Monsieur le Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative,
La France n’a jamais autant parlé de sport. Depuis les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, les discours politiques mettent régulièrement en avant l’héritage sportif laissé aux territoires. De nombreux équipements ont été rénovés ou construits et plusieurs centaines de millions d’euros ont été investis afin de favoriser l’activité physique.
Pourtant, une question demeure : pourquoi la sédentarité continue-t-elle de progresser alors que les infrastructures sportives se développent ?
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’inactivité physique constitue l’un des principaux facteurs de risque de mortalité dans le monde. Elle favorise notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers et l’obésité. [ajouter liens qui confirment cette information
https://www.emro.who.int/fr/noncommunicable-diseases/causes/physical-inactivity.html
Face à ces constats, les politiques publiques ont souvent répondu par la construction ou la rénovation d’équipements sportifs. Ces investissements sont nécessaires et nous ne les remettons pas en cause. Cependant, ils ne produisent pas toujours les effets attendus.
Un terrain rénové n’entraîne pas automatiquement une augmentation de la pratique sportive. Un stade flambant neuf ne garantit pas que les habitants s’y rendront. Un équipement peut être moderne, sécurisé et accessible tout en restant sous-utilisé ou fréquenté par un public très restreint. L’enjeu ne réside donc plus uniquement dans la présence d’infrastructures, mais dans leur capacité à devenir de véritables lieux de vie.
À Saint-Denis comme dans de nombreuses villes françaises, les équipements sportifs sont bien réels. Pourtant, certains restent peu fréquentés, tandis que d’autres accueillent toujours les mêmes publics et les mêmes disciplines. Cette situation révèle une limite des politiques actuelles : investir dans les espaces ne suffit pas lorsqu’aucun dispositif n’accompagne durablement les habitants vers la pratique.
La lutte contre la sédentarité ne se gagnera pas uniquement avec du béton, des terrains ou des équipements.
Elle se gagnera grâce à des actions humaines.
Des animateurs. Des éducateurs. Des bénévoles. Des associations capables de créer des rencontres, de faire découvrir de nouvelles disciplines et d’accompagner les publics les plus éloignés de la pratique sportive.
Les études montrent qu’environ un jeune sur quatre abandonne une pratique sportive régulière entre 14 et 18 ans.
Ce chiffre devrait nous interroger collectivement.
Le problème n’est pas seulement l’accès au sport. Le problème est également la capacité à donner envie de pratiquer durablement.
C’est pourquoi nous demandons que les futures politiques publiques consacrent autant d’énergie à l’animation sportive qu’à la construction d’équipements. Chaque rénovation importante d’un équipement sportif devrait s’accompagner d’un programme d’activités, d’initiations et d’actions associatives financées sur plusieurs années.
Chaque terrain construit devrait devenir un espace animé et non un simple aménagement urbain.
Chaque investissement sportif devrait être évalué non seulement au regard du coût des travaux réalisés, mais aussi du nombre réel d’habitants ayant retrouvé une activité physique grâce à cet investissement.
La lutte contre la sédentarité représente un enjeu sanitaire, social et économique majeur. Ne limitons pas l’héritage sportif à des infrastructures. Faisons en sorte qu’il devienne un héritage de pratiques.
Nous demandons que chaque collectivité disposant d’équipements sportifs en libre accès mette en place un programme d’animations régulières porté par les associations locales. Les infrastructures constituent une condition nécessaire à la pratique sportive, mais elles ne suffisent pas à créer du lien social ni à faire naître de nouvelles habitudes. Les associations jouent un rôle essentiel pour transformer ces espaces en véritables lieux de vie.
Construire des équipements est une étape. Donner envie de les utiliser est le véritable défi.
L’équipe Bouge & Partage,
Association,
Saint-Denis.


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